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Ferdinando Camon


Occident

Occident

Roman

Traduit de l'italien par Jean-Paul Manganaro et Pierre Lespine

Gallimard, Paris

Occident

II fallait au romancier-poète de "Figure humaine" et de "La vie éternelle" beaucoup d'audace, et une étonnante confiance dans ses moyens à la fois d'écrivain et d'analyste, pour entreprendre d'écrire ce livre, dont il ne faut pas hesiter à dire qu'il est le seul authentique roman politique (ni chronique, ni pamphlet, ni plaidoyer, ni témoignage ou confession deguisée) qu'aura produit a ce jour le moment historique que nous vivons. Et peut-être ne devons-nous pas nous étonner qu'un tel livre nous vienne d'Italie, où les symptômes de ce temps se sont exteriorisés avec plus d'intensité que partout ailleurs.
Une ville, la "cité noire", Padoue, qui est celle de l'auteur. Ville universitaire qui compte un étudiant pour quatre habitants. Un personnage central, Franco, chef de l'organisation néo-nazie "Gruppo d'ordine", dans l'intimité duquel Camon nous fait entrer, Freud aidant, plus radicalement que Dostoievski ne fit du Stavroguine dcs "Demons", qu'il évoque. En face de lui, Miro, ancien seminaristc, fondateur de "Potere Rivoluzionario". Il y a parfait accord entre les deux mouvements sur la necessité strategique première d'abattre de fond en comble l'edifice bourgeois. Sur ses ruines, les uns entendent construire, au nom de l'Occident chrétien, une société hierarchisée ou les "élites" disposeraient à leur gré des "inferieurs". Les autres, mettre fin a l'inegalité. Entre les deux violences, l'absence du mouvement ouvrier organisé est totale. II n'y a en tiers que la police, d'ailleurs spontanement alliée aux néo-nazis dans les affrontements. Mais des liens plus subtils existent de l'une a l'autre. Les infiltrations, la contamination entre elles sont constantes. Tout se passe comme si la violence commune était plus forte en definitive que les "idées" opposées, pour aboutir à un egal délire idéologique. Non le même cependant. Car des différences subsistent, profondes, dont Camon rend compte à l'aide de très simples et justes notations.
Roman politique, roman théorique aussi, d'une pensée toujours ferme, intrepide et lucide à la fois. Ainsi, sur la crise de notre temps et le phénomène gauchiste, ce constat, auquel ne man que pas la dimension d'une sorte de calme prophétie: nous sommes aux temps du passage des pouvoirs d'une bourgeoisie périmée a un proletariat encore attardé. Passage suspendu. C'est en raison de cette immaturité des temps que la guerilla urbaine ne recherche pas la victoire, mais seulement l'humiliation de l'ennemi.
Roman épique enfin. Les "collages" documentaires (citations de Codreanu, de Binswanger, de périodiques extremistes), ainsi que les interventions personnelles de l'auteur, dont la "neutralité", semblable en cela a celle de l'analyste, ne fait qu'affirmer la forte présence, y sont admirablement fondus dans un mouvement d'invention exasperé, où le "politique", loin de s'ajouter en corps etranger a la matière littéraire, comme il en est de tant de livres qui s'avisent d'y toucher, y est consubstantiel.

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