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Ferdinando Camon


Figure humaine

Figure humaine

Roman

Traduit de l'italien par Jean-Paul Manganaro, avec la collaboration de Pierre Lespine

Gallimard, Paris

Figure humaine

"Figure humaine" est la chronique d'une enfance d'après guerre, dans le village d'une basse plaine, non loin de Padoue, au sein d'un sous-proletariat agricole vivant a un stade que l'on n'ésite même à nommer "medieval" ou de "Tiers Monde" tant il est en marge de toute civilisation. Au vrai - le narrateur le dit - l'histoire de cette communauté s'accomplit "hors du temps", c'est-à-dire "dans la fable", fable devenue sa "realité " même. Mais d'abord qui est ce narrateur? La question vaut d'être posée, car la difficulté d'y répondre signale l'originalité essentielle de l'entreprise de Camon. Dans les reflexions qu 'il a consacrées au livre, P. P. Pasolini relève que, contrairement à la tradition de "contamination linguistique" qui (de Dante a Boccace, Verga et le néo-réalisme) permet à l'ecrivain, par l'emploi du discours indirect, de faire place dans son reuvre à la parole populaire, ici la "contamination" s'opère entre l'auteur tel qu'il est devenu, intellectuel cultivé, maître des mots, et ce qu'il était hier, petit paysan misérable plongé de surcroît dans la honte du dialecte. C'est à cet autre "lui-même", privé de parole, qu'il tente de donner la parole. Le "narrateur" de ce livre "autobiographique" n'est donc pas proprement l'"auteur". De ce dédoublement subtil, de la tension sans résolution possible qui vise à réunifier les termes de l'ambiguité, naît l'écriture singulieèe du récit de Camon, sa magie et sa fougue, sa passionnante réussite.
Récit en forme de monologue, sans presque de poses. Nous sommes cependant aux antipodes du "flux de conscience" joycien ou faulknérien. Rien d'intérieur ici. Ce qui nous est dit avec les mots de l'écrivain d'aujourd'hui coule à l'allure d'un intarissable récit de paysan, passant d'un fait a l'autre sclon les associations d'idées d'une mémoire en vrac, s'engageant dans les méandres d'apparentes digressions, sans jamais que se perde toutefois le fil d'un discours très concerté: car il a quelque chose à dire, à reconstituer, et le sait. C'est une sorte de Proust paysan qui reconstruit à nos oreilles son monde perdu. Il est frappant que le réalisme proustien en soit finalement exclu. Le temps de la saga paysanne n'est "retrouvé" que pour être doublement rejeté dans le rêve. Les tableaux et anecdotes du narrateur - le rituel des approches amoureuses, l'abattage du cochon, le passage d'une patrouille allemande (était-ce il y a vingt ans, il y a vingt mille ans?), le repas de noce, la sainte de village, l'idiot - s'ouvrent tous sur le merveilleux, la fable surréelle, parfois comique, toujours terrible. L 'autre côté du rêve est l'autre face de ce que Pasolini encore nomme le "double désespoir" du livre, qui lui donne toute sa dimension. Aucun "monde vrai" ne s'oppose a ce monde impossible. Fuir son dénuement sauvage ne sera possible qu'en rejoignant la Ville. Le narrateur y aspire avec une ferveur religieuse. Ce sera, nous le savons, trouver refuge dans un monde où le progrès se mesure d'abord à la fausse dignité qu'il engendre, celui de la mediocrité petite-bourgeoise fière de sa sous-culture et du langage primaire qui s'y parle: seule nouvelle origine possible.

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